mercredi 12 août 2009

La grande traversée 1

Voilà...
où on est

La première grande traversée c’est pour nous de Cape Trib à Darwin. Ca fait environ 3000 km, et il y a environ que deux villes dignes de ce nom sur la route et quelques bleds avec des stations essences. Les opinions divergent sur le parcours, certains disent que c’est une expérience, d'autres que c’est ennuyant (que d’herbes rasantes !!). Nous, on a adoré. Parce que d’abord, il fait toujours bo dans le bush. Parce que tous les kilomètres, la végétation, les horizons, la lumière et le nombre de kangourous écrasés varient sensiblement. Et qu’on sent une étrange liberté à être seul sur ces routes (parce qu’on croise pas souvent du monde), même si l’on dépend plus que tous de nos bidons d’eau et d’essence qui surchargent le coffre du van.

Les lumières du soir et du matin y sont magiques. La terre ocre, le ciel bleu, les herbes jaunes, et le vert des eucalyptus ont ensemble quelque chose de mystique. Ca semble un peu caricatural comme ça, mais c’est à peu près ce que l’on ressent. Presque à un moment, nos yeux et notre peau se plissent à la manière de Clint, et une vielle musique de E. Morricon vient siffler à nos oreilles. Et ça y est, on y est dans l’OUTBACK !

On a croisé sur la route (et on a fait ressouder notre pot d’échappement !) Mount Isa, The Isa comme ils disent. Ville champignon créée sur une mine de cuivre, plomb, et zinc, depuis les années 1910, la ville se revendique Hinterland City plutôt que ville de l’Outback, trop fière d’appartenir à un Queensland contemporain et compétitif plutôt qu’au Never Never. Un jour, dans le Never Never, par là-bas, un bonhomme et son cheval (des fous) ont cassé du caillou et se sont dit « tiens le caillou est un peu bizarre ici ». Avec leurs potes (d’autres fous), ils ont décidé de creuser un peu plus. Et maintenant, on a une ville qui s’est construite totalement autour de la mine, et c’est assez impressionnant…

Au cours de cette belle traversée, on en a profité pour prendre le frais dans les musées… et s’enquérir de toutes ces histoires et du comment les australiens les mettent en scène. On n’a pas jusqu’à présent parler des aborigènes… c’est assez dingue et en même temps assez compliquer pour qu’on y revienne dans un prochain post.

Bon j’ai passé la journée à écrire le blog. J’espère que c’est pas trop chiant pour vous. C’est dingue le temps que ça prend ! Om trie les photos et moi j’écris. Souvent j’ai l’impression de déverser un grand bol d’eau chaude dans le vide. Et puis souvent on a des retours qui nous font plaisir. Bref, hésitez pas si vous trouvez que le ton devient trop mélo, ou trop « cours de géo, classe de seconde », c’est juste qu’il y a tellement de choses qu’on voudrait partager avec vous et qui se passent dans nos têtes de blonds quand on voyage (ben oui quand même !!), que passer une journée à faire du blog semble dérisoire. Tout ça pour vous dire que vous nous manquez tous, et que promis au retour, on ne vous fera pas le coup de la soirée diapo, puisqu’on vous la fait en live ! Quant à vous, bandes de loulous, on aimerait bien savoir où ça en est tous ces ventres et ces marmots qui poussent, ces apéros et ces rides en plus, bref. Envoyez nous deux trois photo qu’on vous suive à la trace. Dusty kiss.

Merci Janet ! Thank you Janet!

Et grâce aux super KWay que Janet nous a donné avant de partir, on a survécu. Special thanks to you Jannet, because we had survived of Cape-tribulation furious rains with your supa raincoats!

Cap Tribulation : le bout de la route...

… du Qeensland. Non non, on veut pas s’arrêter là. Mais le Cap marque un point d’orgue à notre voyage car c’est de là qu’on va basculer vers le Northern Territory, le Nord Est de l’Aussie, bref, qu’on va quitter les côtes civilisées pour le Wild. Enfin, on espère.

En un mot, Cap Trib est la rencontre des forêts tropicales avec la mer, surplombées de petites montagnes d’un millier de mètres. L’ambiance y est farouche, surtout sous la pluie. On a eu juste quelques éclaircies pour savourer, parce que, quand même, c’est bo.

Le cap prend l’eau

Comment ça il pleut ? Objectif : Mouiller le voilier.

Le mythe de l’Oz toujours ensoleillée a la vie dure, mais plus pour nous. Enfin ouais d’accord, on est un peu poisseux, on l’attire comme on dit. On tombe toujours sur les semaines où « ça fait du bien un peu de pluie », et nous de maugréer contre le sort. On est quand même là où le continent australien touche la Great Barrier Reef. Un gros poisson quoi. Bref, ce temps de m. nous permet de bosser un peu. On file à l’université de Cairns, où monsieur dévore la bibliothèque pendant que madame travaille son logo. Bref on se laisse pas aller (c’est pas le genre de la maison nom d’un homme !!) et on travaille notre self control (non on ne prendra pas notre billet retour maintenant, non !!!). On reste gentil et on sourit sous nos KWay.
Et pis aller soyons fou, on se prend un tour de voilier pour aller voir ces foutus poissons et coraux. Avec un peu de chance, la mer ne sera pas trop mauvaise… Et il fut bon ce tour de voilier sur deux jours, avec une mer grosse et l’om qui découvre qu’il a un f. mal de mer. Bref, on goute à l’embrun et c’est carrément chouette (enfin, au moins pour l’un d’entre nous). Puis finalement, sur le reef, le temps est plutôt clément, et masque, tuba et palme au bout de chacune de nos extrémités, on se régale du fond de la mer. C tro bo. Moi, novice du snorkelling (j’ai enfin compris pourquoi on appelait les snorkies, les snorkies), je suis toute hallucinée. C’est un peu Alice au pays des Merveilles quand t’es là-dessous. Grâce à l’om, j’ai essayé aussi le SCUBA Diving, bouteille sur le dos (que t’as l’air con, mais que c’est bon !), et c’est Alice au pays des Merveilles x 2, avec un coté un peu Nicolas Hulot et JJacques Cousteau.
Bref, tout ça pour dire que c’est tout ce qu’on a comme photo, parce c’est comme ça, mais ça déchire. On en redemande.
Mais le second jour il pleut des cordes (cette fois ci c’est du lourd), et on rentre tout mouillé au port. Y’a plus qu’à trouver un coin au sec.

Interlude nourriture

Ben ouais, y’en a qui fond des interludes musicaux, nous on vous propose de nouvelles expériences culinaires, à savourer…

Townsville, l’explication

Depuis Bowen, on a bien du mal à savoir ce qu’est une ville en Australie. On a compris que le centre ville était la plupart du temps le centre commercial du bled, mais, on aimerait vous en faire sentir un peu plus que ça (bon et ça vaut ce que ça vaut, on est en vacance bordel !) Townsville s’est révélé être un vrai eldorado pour le géographe qui farniente en nous. Nous sommes montés en haut du caillou qui est au cœur de la ville et on a vu ça :
Une ville de 160 000 habitants aussi étalée que Grenoble (dont la population fait largement plus du double), constituée essentiellement de maisons individuelles et d’une artère de centres commerciaux. Pas une forme d’habitat collectif !
Sans lâcher le rêve de la maison individuel (quand on voit ça de haut, ça fait vraiment settelment), Townsville essaye de s’inventer une centralité (au sens de chez nous) en s’intéressant à l’espace public. Bref à faire du collectif au milieu de tous ces pavillons. Et de l’autre coté du rocher, on découvre de jolies petites choses…
La jetée spéciale pécheur avec même sa table de nettoyage du poiscaille ! Son lagon (béh ouais encore un), avec eau salée et om musclé en prime !
Ses jeux pour enfant. On est peut être devenu un peu gâteux, mais on est resté deux heures à mater les gamins et les parents jouer avec les canons à eau, les champignons à eaux, et le gros bidule qui se renverse sous les cris des minots.
Ses bêtes étranges…
Ses bâtiments historiques revisité par du comment ??? (avec l’accent stéphanois) Ha oui, de l’architecture post-moderne….
Tout chaud d’avoir stimulé notre dernier neurone valide, on a repris notre fuite vers le nord, en direction de la côte nord du Queensland : le Queensland tropical !! (vous avez dit RAIN forest ???)

Bowen, l’anti-ville.

C’est souvent qu’on s’arrête par hasard dans une ville, le soir exténué par la journée de farniente (ou de route), en quête de l’endroit rêvé qui fera notre terrasse. Et c’est alors que par chance et par flaire, on pose le van dans un petit havre subtropical… Bowen ne fait pas parti de ces endroits là. Bowen fait parti de ces endroits où t’es obligé de t’arrêter parce qu’il y a un mauvais bruit dans le moteur (couic) et que tu sens que tu dois utiliser les dernières forces motrices pour trouver le garage le plus proche.

C’est comme ça qu’un vendredi soir, on a passé notre première nuit sur le parking central de Bowen, l’anti-ville par excellence, mais aussi la ville où a été tourné le film Australia (avec Huuuuuuuuuuguees ! et Nicole (ps : je ne suis pas fan du hugues chapmachin en question, mais il semble déchainer les passions des australiennes)), et en fait bien d’autres choses encore.

le centre ville avec ses larges rues, configurées pour manœuvrer les troupeaux de bœufs, nous ont paru pendant le weekend un poil surréaliste avec ses parkings centraux vides à perte de vue.

c’est là qu’il habite le méchant fermier dans le film Australia !

C’est qu’en fait on a du y passer une semaine là-bas. L’alternateur nous a lâchés, et dans une petite ville de 5 000 habitants, on nous promet le pire quant à trouver un garage ouvert le weekend. Le temps de faire venir un autre alternateur d’une casse d’un patelin voisin, que le garage se plante de modèle et d’en recommander un autre, on a eu le temps d’arpenter flegmatiquement les rues et les petites plages du coin, … à notre plus grand bonheur (même si bon hein !)

C’est qu’aucun guide n’en parle, mais Bowen possède une petite crique sauvage avec plein de bo rocher qu’on a allégrement couverts de magnésie et submergés de clics photographiques…

om, muscles et caillou (rrr)

soleil, mer chaude et caillou (rrr)

On en a aussi profité pour boire des coups avec les voisins, et pour gentiment se faire balader dans la ville au clair de lune…

Bill et Larraine, nos voisins, amateurs de « last one for the road » (et heureusement qu’ils ne conduisaient pas ce jour là)

ballade écologique au clair de lune:

Un dernier coup de vis, et on repart direction Townsville !