mardi 29 septembre 2009

La question aborigène

On a tous entendu parler des « Aborigènes » au moins une fois dans sa vie.. Peut-être certains se rappellent-ils de Kathie Freeman, l’athlète australienne aborigène qui a allumé la flamme olympique des JO de Sydney en 2000. Ensuite, lors de son tour d'honneur pour sa victoire du 400 m, elle porta les deux drapeaux australien et aborigène. « Image romantique », dans laquelle on voyait un acte symbolique en faveur des minorités ethniques. Vu de notre Europe lointaine, la question aborigène a quelque chose de folklorique, même si on est plutôt du coté de cette minorité culturelle, avec son pointillisme, ses boomerangs, et ses didgeridoo qui font beau dans le salon ou à l’arrière cours d’un bar un peu bobo. Mais il y avait plus que ça. En fait, il s’agissait réellement d’un acte politique fort. Explication avec nos yeux, nos oreilles et nos lectures.
Le terme « aborigène » est un terme générique (importé par les blancs dixit notre room-mate Johnny, qui est lui-même « aborigène » Maori – (et… le nom de sa tribu est trop compliqué)) pour parler de l’ensemble des communautés noires d’Australie et de Nouvelle Zélande (cf. carte des territoires aborigènes : Pour plus de détails, voir : The Australian Institute of Aboriginal and Torres Strait Islander Studies (AIATSIS) (http://www.aiatsis.gov.au/)
Le politique parle aujourd’hui d’Indigenous people ou de Black People. Quelque appellation que ce soit, la société australienne est aujourd’hui divisée par la « question aborigène », qu’il est possible de résumer de la manière suivante : quelle attitude doit-elle adopter aujourd’hui par rapport à la manière dont ont été traitées - et sont toujours traitées - les populations aborigènes ?
Le voyage est une façon étonnante d’expérimenter cette question parce qu’on la découvre au fil des gens et des paysages rencontrés. C’est comme si on nous plongeait progressivement dans un bain bouillonnant, sans qu’on sente vraiment l’eau (ou la sauce) nous brûler la peau.
Au cours des premiers mois, pas un « abo » en vue. Pourtant, on lisait des tas de trucs dans nos bouquins (haaa ces gratte-papiers !) sur l’histoire et la culture aborigène en Australie. Mais où est-ce qu’elle est alors, la question aborigène ? On a d’abord rencontré Clare, sur la côte urbanisée du Queensland, chez qui on a travaillé un peu. On a parlé de la manière dont elle voyait la question aborigène dans son pays. Elle a admis qu’elle n’en avait réalisé la gravité que jusqu’à très tard (c'est-à-dire jusqu’aux excuses officielles du gouvernement, voire infra). Puis on a rencontré Joe à Sapphire (l’émigré allemand barbu au jogging dépenaillé, chercheur d’or): « ils ne veulent pas s’intégrer, ils ne veulent que l’argent du gouvernement ! Et c’est quoi ce truc de demander un permis pour traverser leur territoire ? Avant c’était des fermiers, et j’avais aucun permis à demander à qui que ce soit pour y venir ! on traversait l’Australie, point barre ! ». Puis ce couple de Tasmanie rencontré pas loin de Cairns : « surtout faîtes attention aux noirs, faîtes attention à votre appareil photo, ce sont des voleurs… ». Et Kuranda, un village soit disant bobo-baba authentique, ouvert sur les communautés aborigènes, qui cultive l’art aborigène de l’intérieur (chauffé !). On y voit en effet un important business autour de l’art et de la culture aborigène où toutes les belles boutiques sont tenues par des commerçants… blancs.
Bref, en résumé, le malaise est palpable avant même de rencontrer les premiers aborigènes : rancœur, racisme envers les abo, et en même temps hyper-marketing de leur culture.
Puis viennent les premières rencontres à partir de Cairns : étonnantes. D’abord, le mode de vie de beaucoup De communautés aborigènes est totalement décalé par rapport à l’Australie blanche. Ils passent des journées entières assis en petits groupes un peu partout en ville à discuter, à regarder les gens passer, à « squatter » on dirait, ce qui tranche par rapport à la culture urbaine australienne où l’espace public est principalement occupé par les voitures, et où les gens se réunissent dans les pubs. Ensuite, à l’entrée des zones où vivent des communautés aborigènes, de nombreux panneaux signalent des mesures de restriction de la vente et de la consommation d’alcool… Alors forcément quand vous voyez un aborigène avec une bouteille d’alcool à la main, vous ne pouvez empêcher votre satané cerveau de faire le lien : « abo – alcoolique = pas bien », et de vous sentir mal à l’aise. Alors bien sûr qu’il y a des problèmes d’alcool dans les communautés aborigènes, mais il y en a aussi dans les communautés white, et elles ne sont pas autant stigmatisées. Pour conjurer ce malaise, on n’a pas pu s’empêcher d’aller de musées en musées, de films en documentaires, de bouquins en bouquins pour en savoir plus. Le plus drôle (enfin…), c’est que finalement on est tombé aussi bien sur des bouquins d’histoires progressistes que conservatistes sur la question aborigène, ce qui nous a permis de repousser nos préjugés.
Bon, alors, repartons du début. Les abo habitent l’Australie depuis plusieurs dizaines de milliers d’année. À partir de la fin du XVIIIème siècle, et surtout au cours du XIXème siècle, la Grande Bretagne a colonisé le continent. Évidemment, cela ne s’est pas fait dans la joie et la bonne humeur : batailles, massacres, et autres festivités ont donné le ton des relations abo / blancs. Malgré cela, la couronne britannique a déclaré l’Australie Terra nullius, c’est-à-dire terre inhabitée. Elle a considéré que les populations autochtones vivaient en population négligeable et sans véritable organisation politique. Grâce à cette vision des choses, elle se sentait autorisée de coloniser le continent en toute légalité et toute bonne foi.
En 1901, l’Australie est officiellement créée et existe désormais comme une fédération appartenant au Commonwealth. Premier acte politique fort : la Constitution australienne pose le principe de l’Australie blanche et édicte la « White policy » : le pays appartient à la race blanche et doit le rester. Les australiens de l’époque craignaient d’être submergés par l’immigration asiatique. Ils ont alors fermé les frontières du pays aux non-blancs. A l’intérieur du pays, c’est le point de départ d’une politique ségrégationniste visant à séparer la population blanche de la population noire. Les abo ont alors été déplacés dans les réserves sans liberté de mouvement, où enrôlés de force dans les travaux agricoles. Surtout, les enfants métisses, les « creamy », étaient enlevés de leur famille et placés dans les institutions à des dizaines de millier de Km de leur territoire et tribu d’origine, visant à leur « inculquer » le mode de vie blanc. 100 000 enfants ont été enlevés jusque dans les années 70… On les appelle la génération volée (stolen generation). En conséquence de la colonisation et de la politique ségrégationniste, les populations aborigènes ont été profondément déstructurées socialement et coupés de leurs terres ancestrales qui occupent un rôle central dans leur culture. Aujourd’hui encore certaines familles et tribus n’ont pas pu être réunies, et souffrent de cette éclatement.
La White policy a pris fin au début des années 70, période au cours de laquelle les abo ont (enfin !) été reconnus comme des citoyens australiens. Avant-ça, ils n’étaient tout simplement pas considérés ! Peu, voire pas de salaire, pas de droit de vote, pas le droit d’aller dans certains lieux publics… Puis le mouvement en faveur de la reconnaissance des droits aborigènes s’est intensifié, donnant lieu à la mise en place de nombreuses politiques sociales aux effets largement contestés : elles engendreraient une logique de dépendance et d’assistanat, favorisant l’alcoolisme… Les années 90 ont été marqué par des actes politiques forts : suite à un procès de longue haleine, l’affaire Mabo, le premier aborigène obtint la reconnaissance de ses droits de propriétés ancestraux et recouvra la jouissance de ses terres perdues au moment de la colonisation. Le gouvernement fédéral fit ensuite voter le Native Title Act permettant aux abo d’ouvrir une procédure de reconnaissance de leurs droits ancestraux. Cette loi provoqua de nombreux et profonds émois dans la société australienne, notamment chez les fermiers qui y voyaient le risque de se faire exproprier. Dans les faits, les effets de cette loi semblent avoir été fortement encadrés par divers amendement politiques. La portée fut dont plus symbolique que réelle. Mais le mouvement politique aborigène est depuis profondément ancré en Australie…
Enfin, le gouvernement Howard (droite, 1996-2007) refusa de prononcer des excuses aux peuples aborigènes, tel que l’avait proposé la commission de réconciliation. Ces excuses ont finalement été prononcées par le gouvernement Rudd en 2007 (gauche, depuis 2007). La décision de prononcer des excuses à cristalliser les divisions australiennes autour de la question aborigènes. Deux thèses s’affrontent. Les anti considèrent que les excuses n’ont pas lieu d’être car, selon eux, il n’existait pas de « peuple » aborigène unifié et organisé au moment de la colonisation. Celui-ci serait né au cours du XXème siècle comme mouvement politique pour réclamer des droits. Formuler des excuses et reconnaître des droits ancestraux n’auraient donc pas de fondements historiques (C’est la thèse toujours active de la terra nullius). De surcroît, cela ouvrirait une fenêtre d’opportunité « dangereuse » car favorisant des excès dans l’allocation de droits juridiques, politiques et financiers aux populations aborigènes. En somme, les seuls problèmes posés par les populations aborigènes sont d’ordre sociaux et non politiques : il faut parvenir à les « intégrer » à la société australienne en agissant localement. Les pro-excuses pensent évidemment l’inverse. Le problème est politique : le bien être des groupes aborigènes passerait par une réconciliation nationale suite à la reconnaissance des actes regrettables commis par le passé par les colons. En somme, pour les uns, le problème est social et local, alors que pour les autres, il est national et politique.
De nombreuses politiques visent aujourd’hui à mieux faire connaitre et reconnaître les cultures aborigènes à l’ensemble de la communauté australienne, notamment les politiques du patrimoine (les parcs et leur centre d’interprétation, mais pas tous ; les musées, et même les médias télévisuels offrent des créneaux « black people »), et à intégrer les populations aborigènes dans ce processus. Mais parfois, il y a encore des processus étranges qui visent à déplacer le problème, comme on l’a vu récemment dans les journaux : le déplacement de populations aborigènes pour résorber les problèmes d’alcoolisme d’une ville à proximité de Port Hedland. Et les préjugés restent forts comme on a pu le constater au cours de nos rencontres.
Il est difficile pour nous d’avoir un avis tranché concernant la question aborigène. Celle-ci est extrêmement complexe. Le résumé ci-dessus n’est qu’une pâle tentative d’explication d’une histoire longue et en cours de construction. Il nous semble toutefois que la thèse des anti-excuses n’est pas tenable car elles tentent d’inverser le rôle des accusés et des accusateurs : elle demande aujourd’hui aux aborigènes de faire la preuve de l’existence historique de leur société et de leurs droits alors que les premiers à les avoir officiellement reconnus se sont les colons eux-mêmes en créant une entité « populations noires » - les aborigènes - qu’il fallait tenir en dehors de la société blanche.. Il y a même quelque chose de malsain dans cette tentative de renversement. Les aborigènes se sentent aujourd’hui liés par ce passé douloureux et forment ainsi un groupe politique à l’échelle fédérale. Donc, oui, nous pensons que la question aborigène est politique et implique la société australienne dans sa globalité. Son règlement dépendra de la capacité de cette dernière à trouver une place en son sein pour chacune de ses composantes, et cela dépend sans doute beaucoup de sa capacité à s’accorder sur sa propre histoire qui est toujours en débat.. Cependant, ce règlement politique ne suffira pas seul à résoudre les problèmes de scolarisation, de violence ou d’alcoolismes dont souffrent certaines fractions de la population aborigène. La dimension sociale de la question aborigène ne doit pas être sous-estimée, à condition que l’intégration ne soit pas pensée avec un modèle unique et dominant. Revoilà le politique qui réapparaît... Le politique est dont une condition nécessaire, mais pas suffisante.
  • Pour en savoir plus :
  1. Films :
  • Rabbit Proof Fence de Philip Noyce, sur la génération volée
  • Sanson et Delilah de Baz Luhrmann
  1. Livres :
  • Australie : Histoire, société, culture de Maïa Ponsonnet et Pierre Grundmann
  • Les essais d’Henri Reynolds qui a révélé dans les années 90 que le settlement australien n’avait pas été qu’une partie de plaisir avec les aborigènes.
  • Et pis on en a d’autres mais on vous les donnera à notre retour.

lundi 28 septembre 2009

La version blonde de Petit Renaud

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L’escroquerie des Pinacles

En Australie, il y a trois types de parc nationaux : ceux qu’on peut pas y aller si on a pas un gros quat’quat ; ceux qu’on peut aller voir avec not van rutilant de poussière et qu’on peut visiter librement ; et ceux comme les Pinacles.

Les Pinacles, ça fait partie de l’image que quand vous constituez votre petit dossier « Oz » avant de partir, vous vous dites ouah, ça déchire l’Australie. Ça fait parti des passages obligatoires, des trucs à pas rater.

Quand t’arrives làbas, y’a un gros parking pour une centaine de véhicules, et t’as le choix : soit tu fait le tour du bordel à pied, soir tu restes les fesses au fond de ta voiture avec ton burger et ton coca à la main. Un sentier, une route.

A pied (quand même on l’a fait à pied non mais !) t’arrive en haut d’un sentier bétonné large comme une autoroute, pour t’enfoncer dans les champs de pinacles, guidé par des flèches qui te somme de ne pas sortir du sentier.

Et là tu commence à compter les voitures passer, et les groupes de touristes se suivre. Incroyable, un vrai musée Beaubourg le jour des Journées du Patrimoine. Le champ de pinacles devient un champ de bataille dans lequel tu te sens piégé tellement la scénographie t’empêche de penser, tu te souviens vaguement de la photo que tu avais vu sur les plaquettes, et tu te dis « ha ouais ».

En fait c’est difficile à décrire, mais on s’est tellement senti enfermé dans cette expérience qu’on était prêt à casser du Pinacles (sisi, alors que c’est bien marqué partout « Don’t touch »). La mise en scène du site, mêlant les voitures, les piétons et toute cette signalisation nous ont donné un goût de fronde qu’on ne se connaissait pas vis-à-vis du patrimoine naturel. Bref, ce parc d’attraction à deux heures de Perth est tout ce qu’il y a de pas naturel.

Comment ça c’est le printemps ???

Y’a pas de doute plus on descend, plus ça caille. On a ressorti les duvets et les polaires, on se gèle sous la douche bush ou dans les douches de plage, et y’a plein de nuages menaçants dans le ciel. Ca fait bizarre quand pendant un mois et demi vous n’avez pas vu un nuage dans le bleu du ciel. Le 1 septembre, nous entendîmes à la radio « welcome to the Spring ! ». Fuck, le printemps. Nom d’une pipe. On a commencé dans l’été, ensuite on a pris l’automne de plein fouet avec un peu d’hiver sur la cote du Queensland, après on est allé dans l’été dans le Northern Territory, qu’on a continué allégrement dans le nord du Western Australia, et là c’est le printemps !!! Ouah ! Mais ce qu’on ne nous avait pas dit, c’est qu’au printemps, des milliers de petites et grosses fleurs sortent de leur tanière, dans les arbres, dans les champs, sur les routes, partout où il est possible de pousser. Et c’est vraiment beau, parce que même le bush fleuri, et ça sent bon partout.

Que dis je c’est un cap ?! C’est une péninsule !

Du coup, le gout de l’océan nous est resté dans la bouche (et les narines, et les oreilles), et on a décidé de suivre la côte au plus près. De quoi grimper au rideau de la péninsule de François Péron le long de la Shark Bay !

Si les promesses sur papier glacé nous ont laissé de glace (quoi c’est ça le trucmachintruc ?? comment ça fo payer ??? ça caille bordel !!), un bon spot pour dormir et un petit bain avec les requins nous ont redonné le sourire.

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Sur la route pour repartir, on a vu aussi au loin les jets d’eau impressionnants des baleines et leur aileron dorsal se faire la male.

Ningaloo-Coral Bay ou l’autre barrière de Corail.

Ils en font des tonnes sur la Great Barrier Reef (Grande barrière de Corail) de l’autre coté de l’Australie ! Mais il se trouve qu’au Nigalloo National Park il y a aussi une barrière de corail dans laquelle on peut aller tubapalmer de la plage de sable blanc… De quoi soigner notre frustration made in Queensland (voir le post « Mouiller de Bateau » 10 000 kilomètres avant). Bon malheureusement, on n’a pas osé mettre notre 40D sous l’eau. On s’est contenté d’ouvrir les yeux. A vous d’imaginer le reste : des poissons de toute les couleurs, des poulpes psychédéliques, de coquillages gros comme une caisse de vin, des requins furtifs, des vols de tortues magiques, et du corail de fou : des structures florales gigantesques et harmoniques (on va essayer de trouver des photos sur le net). Bref de quoi passer tout notre temps sous l’eau d’où on ne sortait plus que pour flâner le long des dunes.

Sur les pistes du Karinjini National Park

Dis donc c’est le premier parc dans lequel on va où le personnel est aborigène. L’exposition permanente sur l’histoire du parc est d’ailleurs excellente, avec des témoignages sur avant, pendant, et après la création du parc, ce qui nous donne de nouvelles pistes pour mâchonner le post sur la place des aborigènes en Australie (à venir !!!).

Mais pas que ça. Des petits canyons d’eau glacée, des gorges sculptées, des roches striées, et des montagnes silencieuses qui commencent à se couvrir de fleurs printanières.

Et puis il y a aussi le spinifex. Vous a-t-on déjà parlé du spinifex ? Le spinifex est incroyable. C’est un buisson ardent. En fait non c’est le l’herbe buissonnante qui pique, mais qui semble conserver la lumière avant et après le lever et le coucher du soleil, donnant au paysage une lumière de fou dans un vert opale extatique. On est tombé amoureux du spinifex. Ça vous tombe dessus comme ça pouf, et depuis on peut plus s’en défaire. Dès qu’on voit une touffe, on jubile. Dommage que les plantes ne parlent pas l’anglais couramment.

Port Hedland

Le seul truc dont je me souvienne à Port Hedland, c’est l’odeur des noodles aux crevettes que dégustait une nana en regardant les tankers passer dans le port.

Le régime choux-thon-tomate commençait à me taper sérieux sur le système après un mois et demi de sevrage continu. Nan c’est pour rire. Port Heldand c’est comme Mount Isa (vous vous souvenez la ville minière ?), avec des énormes mines (sel, fer, etc.), ouvertes sur un port industriel de même dimension. Autant vous dire que la ville est complètement perfusée par la société qui gère le truc. Une ville-compagny en quelque sorte. Comme on aime bien les grosses machines, les gros bateaux, et les trains, on a passé la nuit là-bas, à siroter notre salade de choux au thon devant un coucher de soleil industriel.

Rien de tel qu’un bon bain de ville industrielle pour retrouver le goût du bush. C’est ainsi que le lendemain, nous filâmes (à l’anglaise) vers le Karinjini National Park.

Broome broome fait le camion

Broome est la ville de tous les mythes australiens. Ville perlière, aurifère, et que sais-je encore, ville de l’autre bout de l’Australie, celle où pour aller quelque part faut se taper des km de bush et quelques roux pas sages. Broome, quand on la voit sur la carte, on se dit que c’est le t. du. c. du monde. Et quelques mauvais bouquins de vous affiner le portrait (cf. "Cul-de-sac" de je sais plus l’auteur mais ça vaut même pas le coup d’ouvrir ce livre).

Finalement on tombe sur une petite cité en bord de mer, pleine de hippies et de petits marchés d’artisans.

L’eau est turquoise. TURQUOIZE. Les rochers sont rouges et le sable blanc.

Bref, on en fait notre quartier général pour rédiger notre blog, on se fait nos premiers couchers de soleil sur la mer en buvant des canons et en manageant du… salami (ouééééééééé). On se fait un petit festival du film indigène (dans le plus vieux cinéma en plein air du monde, si si, et même qu’on a eu des bières gratuites).

Bref, on s’est fait notre petit bol d’air bobo baba, qui fait pas de mal par où ça passe. Bon même si y’a un petit coté touristico-l’asticot (et les chamo et les 4X4 sur la playa), c’était pas mal !

Mais bon c’est pas tout ça, on a encore 3000 bornes à faire avant d’arriver à Perth, alors Yodiho, une bouteille de rhum et on repart.

Il était une fois…

Non, on ne s’est pas fait mangé par un corocodile, non on ne s’est pas fait dévoré par une horde de moustiques enragés, non on ne s’est toujours pas pris un ro-roux avec le van, et non on est toujours pas revenu dans le pays des Mille Vaches. Ici, l’Australie, toujours là trépidante qui défile sous nos roues. Nous voici à Perth cité au sud ouest de l’Oz, première grande ville qu’on croise sur cette côte sauvage, mais pas que. Ca fait trois semaines maintenant qu’on habite la cité persane (persienne, persil, percival ?…), qu’on nage en plein printemps (et ses giboulées de septembre grmf), à la recherche d’un boulot sérieux… héhé. Om est toujours blond mais rasé, et fem est toujours blonde et rasée aussi (ouf ! pas trop tôt).

Voilà l’état des troupes. Mais avant de vous faire écouter complainte du chercheur fou, petit retour en arrière. Il était une fois….